CE QUE L’ON A ENVIE DE SAVOIR…

Ce que tu aurais aimé faire, si tu n’avais pas été navigateur ? Kit Ecole Transat Jacques Vabre 2013Illustration : Florent Silloray

YVES : « je crois que de toutes les façons, j’aurais choisi un métier en relation avec la mer. J’en ai d’ailleurs pratiqué plusieurs avant de me lancer dans la course au large, boat-nigger, commerçant… Et j’en ferai sûrement d’autres après ma carrière de coureur. »

Ce à quoi tu as échappé, si tu n’avais pas été navigateur ?

YVES   : « J’ai échappé à tous ces métiers où l’on suit une routine établie et rassurante. Je n’aurais pas pu vivre dans un emploi trop formaté. Rien que l’idée de devoir mettre tous les jours son réveil à la même heure ! »

Le moment que tu préfères dans une course, en général ?

YVES   : « C’est ce moment qui survient souvent après plusieurs jours de mer où on se sent totalement en phase avec le bateau. J’aime bien aussi les arrivées, avec ce sentiment partagé : on est content de retrouver les proches, les copains et en même temps, on est toujours un peu triste que l’aventure s’arrête là. En revanche, j’ai du mal avec les phases de pré-départ. J’ai une espèce de trac  pas très agréable… »

Le souvenir le plus pénible de ta carrière de coureur ?

YVES  : « Ma casse pendant la Route du Rhum. Pas tant sur le coup, parce que l’on est dans l’action. Il faut ramener le bateau. C’est en refaisant l’analyse de ce qu’il s’était passé que j’ai réalisé que c’est un enchaînement de situations qui a provoqué mon abandon. Ça s’est joué à un ou deux détails près. »

Les amis, les proches : plutôt bateau ou plancher des vaches ?

YVES  : « Je ne fais pas ce genre de sélection. Par la force des choses, beaucoup de mes proches sont des gens qui naviguent. Mais ce n’est pas parce que tu fais du bateau que tu es plus malin que les autres. J’ai eu l’occasion de rencontrer des montagnards et ce sont souvent des gars passionnants. »

De quoi ne peux-tu pas te passer en mer ?

YVES  : « Presque de rien. Je suis capable de naviguer très dépouillé. Il faut juste un minimum de confort dans le choix des vêtements de mer. »

L’objet que tu as oublié une fois et qui t’étais nécessaire en mer ?

YVES  : « Ma lampe frontale. Heureusement, c’était en équipage ; mais j’ai passé la nuit à emm… tout le monde à emprunter la lampe de l’un ou de l’autre. »

Yves Le Blevec vu par ses proches

Sandrine Bertho,  complice de projets de course au large

«Il est pugnace, mais bienveillant et attentionné.

En course il est à 100% dans sa compétition. Il est capable de mobiliser une énergie complètement folle, son esprit ne s’échappe jamais de la course.

Il est particulièrement soigneux et doux avec le bateau même s’il va en tirer le meilleur. Il a une vision à long terme de sa navigation. »

Kito de Pavant, co-skipper d’Yves sur la Transat Jacques Vabre 2013

« Yves est un personnage attachant. Il a besoin de s’exprimer sur de grands espaces. C’est là qu’il est à l’aise et performant. Avec ce programme en Ultim, il a trouvé ce qu’il lui fallait. Il avait envie de ça. Il a pris le temps de le mûrir, de franchir les étapes pour trouver ce qui lui correspond. Un tour du monde, d’une part, et en multicoques, parce qu’il aime quand ça va vite. »

Luc Alphand, parrain du Multi 50 Actual

« Il est carré, il marche droit. Il a un côté un peu « marin rustique » qui est complètement en cohérence avec ce que les marins doivent endurer. D’ailleurs, c’est un dur ! Il est toujours très « safe » à bord : un vrai capitaine ! Le même à la montagne, il serait devenu guide, c’est sûr… J’ai fait deux étapes à bord du Multi50 Actual sur la Route des Princes, moi je voulais toujours aller au charbon et pousser le bateau, mais Yves veillait et me disait toujours « fais pas ci, fais pas ça… ! »

Eric Loizeau, skipper

« Il est d’un bloc, solide. Il me fait un peu penser à Eric Tabarly : c’est la force tranquille. Je me souviens de la première fois où je l’ai rencontré, sur le Trophée Mer et Montagne, j’ai été impressionné par le volume de ses avant-bras ! En mer, il sait tout faire, il est très polyvalent, c’est assez rare… Et puis, il est très abordable, gentil, simple, sérieux, compétent : c’est vraiment quelqu’un de bien ! »

Loic Le Blevec, son frère

« Petit, lorsqu’il ne réussissait pas quelque chose, il entrait dans des colères noires ! En fait, il était en colère contre lui-même. Parce qu’il est très exigeant. Aujourd’hui, cela a pris la forme de la grosse détermination et de la passion qui l’animent. Sur ses cahiers d’école, il dessinait des bateaux un peu partout… »

Pauline Le Blevec, sa soeur

« J’avoue que j’ai un peu de mal à réaliser l’ampleur de ce nouveau projet. J’ai grandi là dedans, je vis à la Trinité-sur-mer, entourée de marins, pour moi c’est normal de partir sur des engins pareils, autour du monde… En tout cas, j’ai toujours été fière de mon papa et je suis super fière de ce nouveau projet ! »