Une première victoire de transat mais pas n’importe laquelle, celle qui a déjà vu passer un nombre incalculable de grands noms de la voile. Une transat sans moyen de communication avec l’extérieur. Cette victoire, il est allé la chercher au fond de lui-même à la force de son travail et de son acharnement.

Cette course, il la voulait plus que n’importe quelle autre. Depuis 2 ans, il la préparait minutieusement et son prototype Mini 6.50 GROUPE ACTUAL a été son principal compagnon et confident. Yves le Blevec pensait Mini, il dormait Mini, il riait Mini. Il a pourtant bien failli ne pas prendre le départ. Inscrit sur liste d’attente, Yves le Blevec n’a été assuré de prendre le départ que 4 jours avant.

Il aura fallu trois transats en solitaire à Yves le Blevec pour obtenir le sacre de la victoire. A chaque fois, ce fût une nouvelle expérience et des sensations différentes : « J’ai vécu 3 arrivées de la mini et à chaque fois c’était différent. En 2001, je m’étais fixé comme objectif de finir la course. Ma victoire a été d’arriver à Bahia. En 2005, cela a été une belle bagarre mais c’était difficile d’accrocher une victoire et j’ai cassé. Avec un gréement de fortune, les choses sont de toute façon plus difficiles ! Cette année, je suis resté 5 jours sans information. Très objectivement, j’étais certain d’être premier. Mais je ne savais pas où étaient les autres. Je ne voulais pas me réjouir trop tôt. Je me préparais à ne pas être premier. J’avais un stress énorme. Je n’arrivais pas à me détendre. En arrivant, j’ai vu un hélico…Je me suis dit que c’était bon ! Mais il est parti … Là je me suis dit : « ce n’est pas pour moi ! ». Un, puis deux bateaux de presse sont venus vers moi, j’ai compris que j’étais 1er quand ils ont tous été étonnés que je leur demande combien étaient arrivés avant moi ; ça a été un soulagement…Je me suis libéré…J’ai enfin pu savourer ! »

Une transat exemplaire

Yves le Blevec, skipper du Mini 6.50 GROUPE ACTUAL termine 3ème de la première étape entre La Rochelle et Funchal dans l’archipel de Madère. Une semaine plus tard, samedi 6 octobre, les 89 concurrents s’élancent pour la deuxième étape soit près de 3100 milles depuis Funchal pour une traversée de l’Atlantique seul, sans routage et sans information. 48 heures après le départ, le skipper de GROUPE ACTUAL prend la tête de la flotte pour ne plus la quitter.

Tandis que le skipper de GROUPE ACTUAL file à plus de 13 nœuds sur une route légèrement plus ouest que la flotte, deux de ses principaux adversaires chutent au classement après avoir subi des avaries. Isabelle Joschke, vainqueur de la première étape, doit s’arrêter au Cap Vert tandis que Samuel Manuard constate des problèmes techniques. Jusqu’au Brésil, Yves le Blevec ne fait qu’accélérer pour franchir la ligne, magistralement, toutes voiles dehors, sous spi, à plus de 9 noeuds. Ce n’est qu’un petit mille avant l’arrivée qu’il réalise son exploit : « Y’en a combien d’arrivés ??? » s’étonne t’il …