Dans 48h, Yves devrait avoir doublé le Cap Horn d’est en ouest, en multicoque. Son premier Horn en solitaire. Après avoir négocié sa 5e dépression le long des côtes sud-américaines, le skipper Actual bénéficie d’une solide mise en jambe pour aborder ce cap exceptionnel : 30 à 40 nœuds de face et 5 à 6 m de creux au programme…

« J’ai eu jusqu’à 38 nœuds juste avant le virement, le bateau passe plutôt bien, il est équilibré. J’ai une configuration de voiles qui permet de naviguer de façon assez sécuritaire tout en étant relativement rapide », précisait Yves ce matin frais et dispo.

La journée d’hier a pourtant été assez éprouvante pour le trinitain, la mer, particulièrement formée à cause d’un fort courant contraire, a beaucoup sollicité le matériel et le marin. En fin de journée, il a pu retrouver des conditions plus clémentes : « J’ai super bien dormi cette nuit, ça fait vraiment du bien ! C’est officiel, sur la mer lisse, je dors beaucoup mieux ! » Un repos salutaire qui lui permettra d’aborder l’approche puis le passage du Cap Horn dans de bonnes conditions physiques.

« Une accalmie se profile cet après-midi, je vais en profiter pour préparer le bateau avant le Cap Horn. » Yves devrait doubler les iles Malouines en fin de journée, ce mardi. Et, en soirée et dans la nuit, il va négocier un nouveau passage de front : « 48h à planter des pieux », résume le skipper…

La négociation du détroit de Lemaire (passage entre la pointe sud-américaine et l’ile des Etats) est prévue pour la journée de demain, « ça devrait bien se passer, c’est une zone abritée », précise Christian Dumard, « mais les fichiers météo sont assez peu fiables dans ces zones très escarpées à cause de la violence des phénomènes locaux générés par la proximité de la cordillère des Andes. Il peut y avoir des rafales beaucoup plus puissantes qu’annoncées, c’est ce que nous surveillons le plus. En sortie du détroit, pour le passage du Horn proprement dit, on attend 30 nœuds de vent établis avec des rafales à 40. Yves devra tirer des bords dans ce fort flux, avec 5 à 6 mètres de creux, pendant 60 heures environ. Si le vent est un peu plus fort, il faudra temporiser et laisser passer ce front-là  » 

Une fois qu’il aura suffisament gagné dans l’ouest, Yves pourra faire du nord et retrouver des conditions maniables », conclut Christian Dumard.