Le Tour du monde à l’envers d’Yves le Blevec a débuté depuis plusieurs mois déjà, pour Christian Dumard. C’est avec lui que le skipper Actual a pu valider la faisabilité de ce projet inédit. « Yves a commencé à m’en parler il y a environ un an et demi. C’est un parcours que j’avais déjà étudié pour des multicoques, mais aucun skipper n’était encore allé au bout de l’histoire. Nous avons fait les études climatologiques nécessaires afin de savoir si cette tentative était viable en Ultime. Nous avons ensuite étudié sa faisabilité. »

Briefing Météo pour Yves Le Blevec  avec Christian Dumard en préparation de la TJV en présence de Samuel Tual PDG d’Actual.

Yves et Christian travaillent ensemble depuis qu’Actual s’est engagé en Multi50 en 2009, mais ils se connaissent depuis une trentaine d’années… La première fois qu’ils se sont rencontrés, c’était à l’occasion du lancement d’un Formule 40 : Yves avait participé à la construction de ce multicoque au sein du chantier de Charlie Cappelle, il n’était pas encore skipper. Christian était navigateur à bord de cet engin de course. Quelques années plus tard, leurs filles respectives sont même devenues les meilleures amies du monde !

Au fil du temps, des parcours de chacun et, surtout, des courses qu’ils ont vécues ensemble, mille après mille, depuis près de 10 ans, l’un derrière son ordinateur, l’autre sur le pont, ils ont vraiment fait connaissance.

Une solide relation de confiance s’est construite entre eux. « Nous échangeons de façon particulière pendant les courses. Lorsque l’on travaille avec des coureurs en solitaire, il faut sentir lorsqu’ils sont fatigués, voire angoissés ou qu’ils sont prêts à attaquer. Je me souviens notamment de la Route du Rhum où Yves avait cassé son flotteur, il avait réussi à ramener son bateau au bout, malgré tout. Il y a eu des moments très forts à ce moment-là. »

Le routeur est un peu le GPS du marin. En multicoque, les bateaux sont trop rapides, trop exigeants, voire trop volages, pour permettre aux marins solitaires de passer du temps à la table à la carte à étudier seul ses fichiers météo (comme le font les skippers du Vendée Globe par exemple). Ils travaillent donc en binôme avec un routeur. Une fois en course, il guide littéralement le skipper, qui se fie complètement à ce qui lui ait préconisé. Le marin n’a pas le temps de faire autrement. Il faut donc que les deux hommes (ou femmes) se connaissent parfaitement et se fassent entièrement confiance.

Si Christian Dumard sait si bien se projeter sur la vie des skippers, c’est qu’il a été coureur lui-même. Il était navigateur (on s’en serait douté) à très haut niveau avec, notamment, une participation à la Coupe de l’America en 1995. Lorsqu’il a raccroché son ciré un an plus tard, après la dernière saison du team Corum au sein duquel il naviguait, il a tout de suite commencé à router des coureurs. « C’était la continuité logique de mon rôle de navigateur, la frontière est ténue entre les deux. Nous devons faire face aux mêmes problématiques, que l’on soit à bord ou pas. Et puis, j’aime les relations qui se nouent avec les skippers, surtout lorsqu’ils sont en solitaire, la dimension humaine est forte. »

Aujourd’hui, cette activité de routeur occupe 90% de son temps professionnel. Christian Dumard vient notamment de router le duo Sodebo, vainqueur de la Transat Jacques Vabre en Ultime, il travaille en même temps pour la Volvo Ocean Race, pour la Mini Transat, ainsi que pour des coureurs en Imoca et en Multi50 engagés sur la Transat Jacques Vabre !