Après une entrée en matière musclée avec beaucoup de manœuvres et de changements de voiles à la clé, le skipper Actual a réussi à bien se reposer la nuit dernière. Il commence à prendre son rythme et à évacuer les émotions du départ. « Ce n’est pas évident de réaliser que je vais passer la moitié de ce tour du monde à m’éloigner de la maison et d’appréhender les difficultés à venir… l’idée est de négocier chaque jour après l’autre. »

Ces premières heures de circumnavigation se sont déroulées sans accrocs, même si elles ont été plutôt soutenues, permettant à Yves de commencer à prendre ses marques. « Je me sens bien, j’ai bien mangé, je bois beaucoup aussi (le nombre de manœuvres effectuées en 24h expliquant sans doute cette soif, ndlr). Je fais très attention à moi. L’objectif étant de prendre son temps pour chaque manœuvre, il n’y a pas d’urgence, il faut assurer dans la durée. »

Dans quelques jours, il sera pleinement dans son rythme de marathonien du grand large, dans sa logique « circulaire » : avancer au plus vite, mais toujours de façon pérenne, pour faire la boucle.

La brise d’est (vent de travers) dont Yves bénéficie encore cet après-midi va progressivement s’orienter au sud. Il devra composer avec ce vent contraire dès la nuit prochaine. Une allure inconfortable qu’il faudra supporter pendant 2 à 3 jours avant de négocier une zone sans vent. « Il n’y a pas d’alizés », souligne Christian Dumard, son routeur. « Mais la bonne nouvelle c’est que le pot au noir se fait lui aussi, pour l’instant, très discret. »