« Il y a eu une bascule assez radicale, le vent a pris 90°, mais c’était attendu, la manœuvre était préparée. Là, j’ai 36h de reaching (vent de 3/4 arrière) devant moi avant les prochaines transitions. »

Le skipper Actual a donc entamé ça longue descente de l’Amérique du Sud. En fin de journée, il sera à la latitude de Rio. Il fait toujours chaud à bord du trimaran rouge et noir, mais le ciel s’est voilé aujourd’hui à l’approche du front dépressionnaire qu’Yves est en train de contourner.

« Il fait gris ce matin, ce n’est pas plus mal d’ailleurs, la température sera plus supportable ! La mer n’est pas très forte, j’ai moins de 10 nœuds de vent pour l’instant, mais ça ne va pas durer. »

Plus Yves va plonger vers le sud, plus les conditions météo vont en effet se corser. « On va avoir un passage au près assez musclé, c’est ce que je suis venu chercher ! La difficulté étant toujours de savoir où placer le curseur : aller vite mais toujours de façon sécuritaire. J’arrive à bien gérer le bateau, il n’y pas de souci de ce côté-là. J’ai parfois plus de difficulté à me freiner ! »

C’est pourtant tout l’enjeu de ce défi extrêmement osé : réussir à tenir et à maintenir un trimaran Ultim dans un bon état de performance pendant trois mois, sur les mers les plus hostiles du globe. Yves apprend la maîtrise de cet exercice inédit.