Voilà, ça y est. Il est parti ! À 15h 37min 22s ce samedi, par une vingtaine de nœuds de vent, sous un grain, Yves le Blevec s’est élancé sur son grand défi : le tour du monde à l’envers, en solitaire, en Ultim, une première. La brise devrait se renforcer dans la nuit et permettre au skipper Actual de dégolfer rapidement pour gagner ensuite vers le sud, les alizés.

« Le mieux qui puisse m’arriver c’est d’être la dans trois mois pour vous raconter ce qui s’est passé. Je vais bien prendre soin moi et prendre du plaisir » , souriait Yves le Blevec ce matin juste avant de quitter le ponton de la Trinité-sur-mer.

Il reste beaucoup d’inconnus, c’est ce qui rend ce challenge intéressant. Je le fais parce que je sais que je peux le faire. « J’ai dormi, correctement, je sais que je ne suis pas près de retrouver un sommeil aussi confortable… J’ai pu tranquillement prendre un café ce matin au bar tabac…  Parce que je sais que je peux me reposer entièrement sur les membres de l’équipe Actual. C’est très confortable de travailler avec eux. Je suis extrêmement bien soutenu.

Le bateau a été vraiment bien préparé, nous avons essayé de tout imaginer, tout en sachant très bien que c’est impossible. J’ai du matériel de rechange pour tout et de quoi réparer, mais un Ultim est une machine très puissante, il y a par exemple 12 tonnes de tension rien que dans l’écoute de grand-voile… »

Respect et admiration

Ultim ACTUAL - Skipper : Yves le Blevec - D�part de la tentative de record du tour du monde � la voile en solitaire � l'envers (d'Est en Ouest) - La Trinit� sur Mer le 4 novembre 2017 © Beno&#238t Stichelbaut Depuis 24 heures et l’annonce de son départ, le skipper trinitain reçoit encouragements et petits mots de proches et bien sûr de skippers.

Thomas Coville (Skiper Sodebo), ex-skipper de l’Ultim Actual et détenteur du record du tour du monde (à l’endroit) lui a adressé un texto hier :  « je ne voulais pas te dire bonne chance ni éclate-toi parce que le parcours va être trop difficile pour ça. Si tu as besoin de moi, je suis là. »

Kito de Pavant, co-skipper d’Yves sur la Transat Jacques Vabre 2013, ils avaient terminé 2e : « Je te souhaite un joli tour du monde. Tu as raison de te lancer un tel défi. C’est un parcours qui sera compliqué et difficile, mais qui te va bien. »

Tous deux s’apprêtent à prendre le départ de la Transat Jacques Vabre, demain, 5 novembre à 13h35.

Et, ce matin, sur le ponton course de la Trinité-sur-mer, le public était au rendez-vous pour encourager le skipper Actual et le saluer avant son départ vers le grand large ainsi que Samuel Tual, PDG du Groupe Actual : « Je veux remercier Yves de nous avoir proposé ce défi. Merci pour ce qu’il va nous faire vivre. Je souhaite aussi remercier Sandrine qui lui permet de partir. Merci à tout le Team : la course en solitaire c’est l’exploit d’un individu, mais si on peut partir aujourd’hui c’est grâce à un gros travail collectif. Merci enfin au maire de la Trinité-sur-mer et ses services pour leur contribution. »

Ultim ACTUAL - Skipper : Yves le Blevec - D�part de la tentative de record du tour du monde � la voile en solitaire � l'envers (d'Est en Ouest) - La Trinit� sur Mer le 4 novembre 2017 © Beno&#238t Stichelbaut Préserver le bateau et le marin pour tenir dans la durée

Yves le Blevec n’est pas le seul à prendre le large ces jours-ci : François Gabart (Macif) s’est élancé ce matin d’Ouessant pour tenter de battre le record de Thomas Coville (de 49 jours) sur le tour du monde « à l’endroit ». La Transat Jacques Vabre et la 2e étape de la Volvo Ocean Race partiront demain, dimanche. Sans oublier la flotte de la Mini Transat en route pour la Guadeloupe, via les iles du Cap-Vert.  « Il y a du monde sur l’eau ! » ,s’amuse Yves. « Nous allons peut-être nous croiser avec François dans le Pacifique, et il n’est pas impossible que ma route rencontre celles de quelques Mini. Je vais peut-être voir passer les bateaux de la Transat Jacques Vabre… Quoi qu’il en soit, je ne chercherai pas à jouer avec eux. Pas question de faire des excès de vitesse, je dois absolument préserver le bateau et le marin pour tenir dans la durée. »

Il y aura pas mal d’instabilité et donc de manœuvres, mais cela va permettre d’aller vite et sur la route.