« Le bateau est rapide, malgré une mer assez formée. Je me fais pas mal secouer, mais ça avance bien et sur la route », se réjouissait ce matin le skipper Actual. A partir de mercredi, en revanche, la donne va changer sensiblement …

Je suis en forme !

Après 10 jours de mer, le skipper Actual est en pleine forme : « J’ai eu un peu de mal à m’endormir parce que ça gigotait pas mal, mais après je me suis bien reposé. Je suis à jour de sommeil, j’arrive à faire une à deux siestes par jour de 3/4h – 1h. Je suis en forme physiquement, je mange bien même si je n’arrive pas à finir mes rations journalières qui sont très copieuses ! »

 

Ça va être sport

Yves aura bien besoin de toute cette énergie dans les jours à venir qui s’annoncent assez compliqués. Une succession de systèmes dépressionnaires et de zones de transitions se profilent en effet sur la route du Cap Horn. Yves va devoir multiplier les manœuvres pour négocier au mieux chacune d’elles.

« La fin de semaine s’annonce compliquée avec beaucoup de transitions et donc beaucoup de manœuvres. Il faudra bien anticiper chacune d’elle. Avec Christian, on se positionne longtemps à l’avance afin de trouver un bon timing entre chaque manœuvre. Le plus délicat c’est le changement de voile d’avant et notamment de gennaker qui demande beaucoup d’énergie. Il faut compter près d’une heure entre le moment où tu commences à abattre pour pouvoir affaler et celui où tu reprends ta route. Il faut bien réfléchir avant de décider de changer de voile, éviter de se fatiguer et de prendre des risques pour rien. 

 

Step by step

Certains passages le long des côtes brésiliennes s’annoncent musclés, au près, dans une brise parfois soutenue (jusqu’à une trentaine de nœuds établis, avec des rafales), une mer formée, des risques d’orages…

« L’objectif est d’appréhender chaque transition l’une après l’autre, car ce sont des systèmes évolutifs. Jusqu’au 8 décembre, les prévisions sont claires, ensuite, cela peut changer. Dans deux jours, on commencera à voir un peu mieux ce qui se profile au niveau du Cap Horn qu’il devrait atteindre d’ici une dizaine de jours », souligne Christian Dumard, routeur d’Yves.

 

« Il est clair que le niveau d’attaque ne sera pas le même que ces derniers jours où j’étais rapide : ça va être beaucoup plus dur, je m’y prépare. Ce n’est pas une surprise », conclut le skipper Actual.